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29 décembre 2014

Darknet et embrigadement politique

Le Darknet : moyen d'embrigadement politique et paradis des business illégaux.

Mauvais garçon est le premier roman français à prendre le Darknet pour toile (underground) de fond. Moyen d'embrigadement, paradis de tous les business illégaux possibles et imaginables, mais aussi contre-pouvoir et libre circulation de l'information, le pire y côtoie donc le meilleur.
Ça valait bien un roman… et une interview sur le Plus de L'obs.

Accédez à l'interview sur Le Plus de L'Obs.

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20 décembre 2014

Mon immersion dans le Darknet [8] et fin

Le Darknet est la face cachée du Net et représente la partie immergée de l'iceberg.

Écrivain novice dans le domaine, je vous invite, à travers une série d'articles, à suivre mon parcours dans les profondeurs de la Toile interdite. Ou comment, pour les besoins d'un livre, j'ai accepté de courir des risques.


Les hidden wiki
Avec mon logiciel Tor, mon VPN, mon compte secondaire et mes clés PGP, je pouvais naviguer sur le Darknet et même y effectuer des achats, grâce à mon portefeuille de bitcoins.
Ce qui m'intéressait principalement, pour les besoins de mon roman, c'était de débusquer des sites d'opinion, trouver un site similaire à l'Ideo d'Archambault et de Thomas. Mais souvenez-vous, sur le Darknet, quand vous ne connaissez pas l'adresse du site que vous recherchez, vous ne trouvez pas le site en tapant des mots clés dans la fenêtre de recherche.
Voici à quoi ressemble la fenêtre de recherche sur Tor :
L'interface Tor
Si vous tapez, dans la fenêtre de recherche (le grand rectangle blanc à gauche de la loupe blanche sur fond vert) les mots "site d'opinion politique", et que vous lancez la recherche, vous obtenez ça :
Un exemple de recherche infructueuse en utilisant Tor
comme un moteur de recherche classique, type Google ou Yahoo!

Vous tombez sur des liens qui se terminent par l'extension ".com" ou ".fr", c'est-à-dire qui se trouvent sur le Net surfacique et qui ne correspondent pas à votre recherche.
Donc si, comme moi, vous ne connaissez personne susceptible de vous coopter pour entrer sur un site en vous donnant directement son adresse, vous ne le trouverez pas.

Alors comment faire ? Vous pouvez utiliser les hidden wiki. Ce sont des annuaires d'adresses de sites du Darknet, classées par thèmes et qui ressemblent à ça :
La page d'accueil de The Hidden Wiki, un annuaire des adresses du Darknet.

ou à ça :
Les hidden wiki fournissent des adrsesses du Darknet classées par thème.
Toutes se terminent par l'extension ".onion".
Vous remarquez que, cette fois, les adresses se terminent par l'extension ".onion", caractéristique des sites de Darknet.
Par ailleurs, les thèmes sont divers et variés :
Un exemple de hidden wiki avec des adresses de marketplace.
Sur la marketplace ci-dessus, vous voyez que l'on peut, par exemple, se fournir  en matériel informatique et s'allouer les services d'un hitman (tueur à gages).

Autre thème, plus proche de ce que je recherchais pour Mauvais garçon, la politique :
Un autre thème du hidden wiki, utile à Mauvais garçon : la politique.
Ces hidden wiki sont fournis sur des sites ou dans des tuto du Web surfacique. Sinon, vous y accédez directement sur Tor en tapant "hidden wiki" dans la fenêtre de recherche. Certains liens sont inactifs, on ne le découvre qu'en cliquant dessus. Et tous sont en anglais, il faut le savoir.
Pas super fun, hein, comme interface ? Ni super pratique…

Grams, le Google du Darknet
N'y a-t-il pas un truc, un moteur de recherche comparable à Google mais qui servirait sur le Darknet ? Aussi incroyable que cela puisse paraître, lorsque j'écrivais Mauvais garçon, la réponse était non. Vous imaginez comme mes recherches ont été faciles et agréables ? J'y ai passé des heures carrées. Et je vous avouerais que, plus d'une fois, j'ai bien failli renoncer. Mais ce roman me tenait à cœur, et finalement je n'ai pas lâché le steak.
Et juste après avoir écrit le mot fin (en août 2014) j'ai entendu parler de Grams, ce fameux logiciel qui serait l'équivalent de Google pour le Darknet. Ça s'était joué à quelques jours.
J'ai testé Grams, effectivement, c'est plus cool. Pour commencer, ça ressemble à ça :
Grams, le moteur de recherche pour les sites du Darknet, est la copie conforme de Google,
dans son design… mais pas encore tout à fait dans ses fonctionnalités.

Là, on se dit qu'on est en terrain connu, puisque Grams recopie Google jusque dans son code couleur.
Alors, pour voir, j'ai tapé "political forum" dans la fenêtre de recherche, en espérant tomber sur des forums et des sites d'opinion semblables à Ideo. J'ai atterri là-dessus :
Tentative de recherche par mots clés sur Grams comme sur Google.
Pas vraiment de rapport entre la requête et les résultats.
Hum, peut mieux faire en matière de concordance entre la requête et les réponses proposées…
Je ne me suis pas laissé démonter pour autant. En regardant bien la page d'accueil de Grams, il ne m'a pas échappé, et à vous non plus, je le sais bien, que sous la fenêtre de recherche se trouvent deux rangées de boutons, allant de "Helix" à "InfoDesk".
Par défaut, Grams s'ouvre sur "Search", qui ne m'a pas donné satisfaction. Alors j'ai cliqué sur "Flow", qui semblait pouvoir m'aider. Bien m'en a pris, car je suis tombé sur ça :
Utiliser les boutons de Grams paraît plus efficace
que d'effectuer une recherche par mots clés, comme sur Google.

Parmi la liste des thèmes proposés, qui descend plus bas que "blockchain", j'ai cliqué sur "agoraforum". Et je me suis approché d'Ideo, le site d'opinion que j'avais créé pour les besoins de mon roman. Voici ce que j'ai obtenu :
Ideo, le site d'opinion de Mauvais garçon, existe sur le Darknet.
On le trouve avec Grams. Il ressemble à l'un de ceux-là.

Archambault et Thomas, les deux personnages principaux de mon roman, s'illustrent dans la sociologie et la philosophie politique. J'ai donc tout naturellement cliqué sur "Philosophy, Economics and Justice", pour aboutir ici :
On peut affiner sa recherche sur Grams comme sur Google.

Enfin, puisque Mauvais garçon est l'histoire d'une manipulation, j'ai cliqué sur la discussion intitulée "Is brainwashing rampant in most of the world?" ("Le lavage de cerveau se répand-il comme une épidémie dans la majeure partie du monde?") :
Le lancement d'une discussion sur le lavage de cerveau, via un site du Darknet,
trouvé grâce au moteur de recherche Grams, comparable à Google.
En poursuivant mes recherches, j'ai trouvé des discussions et des forums vraiment similaires à ceux que l'on peut trouver sur Ideo (le site du roman). J'ai également trouvé tout le reste, tout ce que Thomas découvre au fil de l'histoire : drogue, comptes offshore, faux papiers d'identité…
Je ne voudrais pas finir sans vous montrer à quoi ressemble une clé PGP, utile pour chiffrer les messages :
Une clé PGP publique pour le chiffrement des messages.

Conclusion
Pour un internaute lambda et un geek très modéré comme moi, s'outiller pour surfer sur le Darknet dans des conditions optimales n'est pas forcément évident mais absolument pas impossible non plus. Il suffit de s'y mettre et de ne pas renoncer à la première difficulté. Ce qui signifie qu'un jeune homme   tel que ce mauvais garçon de Thomas, à la plasticité cérébrale largement supérieure à la mienne, peut s'y mettre sans problème.
Ensuite, une fois qu'on est sur la Toile interdite, la navigation ne diffère en rien de celle du Net surfacique. Et un outil tel que Grams peut vous permettre d'accéder à des sites ou à des vendeurs encore plus facilement. Donc, techniquement, tout tient la route dans le parcours de Thomas.
La question que je me pose, moi auteur, est la suivante : "et si le Darknet était une sorte de Big Brother ? Un truc inventé par les autorités supérieures pour encore mieux surveiller le citoyen en lui faisant croire qu'un anonymat absolu est possible ?"
Parano, vous dis-je. Le Darknet rend parano !

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6 décembre 2014

Mon immersion dans le Darknet [7]

Le Darknet est la face cachée du Net et représente la partie immergée de l'iceberg.

Écrivain novice dans le domaine, je vous invite, à travers une série d'articles, à suivre mon parcours dans les profondeurs de la Toile interdite. Ou comment, pour les besoins d'un livre, j'ai accepté de courir des risques.

Les clés PGP ferment à double tour la porte de l'anonymat
Paré de mes outils d'anonymisation, Tor et un VPN, je pouvais donc me balader tranquillement dans les méandres de la Toile interdite.
Le pouvais-je vraiment ? Avais-je bien mis toutes les garanties de mon côtés pour assurer au mieux mon anonymat ? J'avais quand même lu des trucs sur des mecs qui s'étaient fait choper parce qu'ils avaient utilisé leur pseudo usuel sur des sites illégaux du Darknet et sur le réseau surfacique ! En résumé, avoir installé Tor et un VPN pour surfer dans le Net underground sous le même pseudo que celui de ma page Facebook n'aurait servi strictement à rien. Il me fallait donc créer un autre compte, un autre pseudo et pouvoir crypter les messages éventuels que je pourrais échanger avec mes interlocuteurs. En bref, j'avais besoin de me procurer mes clés de chiffrement PGP (Pretty good privacy).

Dans ce système ce chiffrement, une clé publique sert à chiffrer le message, une clé privée sert à le déchiffrer.
Pour commander son trousseau de clés, pas de souci, l'offre ne manque pas.
Dans le système exposé ici, dit asymétrique, les clés de chiffrement vont par paire. Une clé publique sert à chiffrer le message, une clé privée sert à le déchiffrer.
Par exemple, si je veux envoyer un mail chiffré à Master (il faut lire Mauvais garçon pour savoir qui est Master), j'écris le corps du message et je le crypte avec la clé publique de Master. Cette clé, comme son nom l'indique, est publique, c'est-à-dire que Master la donne à tous ceux qui souhaitent communiquer avec lui, il l'affiche sur les sites au sein desquels il est actif et peut même le déposer sur des serveurs de clés publiques auxquels chacun a accès.
Lorsqu'il reçoit mon message chiffré avec sa clé publique, Master le déchiffre avec sa clé privée, que lui seul, cette fois, possède.
S'il veut me répondre, il lui suffit de chiffrer son message avec ma clé publique et de me l'adresser par mail. Dès que je le reçois, je le déchiffre avec ma clé privée.
Avec Tor, mon VPN, mon compte et mon pseudo secondaires, puis mes clés PGP, j'étais allé au bout de mes faibles compétences pour assurer au mieux mon anonymat. Je pouvais donc commencer à explorer les ruelles mal famées du Net underground.
Mais je me suis posé une dernière question : et si j'ai besoin d'argent ? En effet, si pour une raison x ou y j'avais besoin de faire des dépenses, comment les régler ? Dollars, euros, livres sterling, etc. ?
Que nenni : bitcoin !

Le bitcoin : crypto-monnaie reine sur le Darknet
L'idée première du Darknet et de l'anonymisation est l'absence maximale de traces, quoi qu'on fasse. L'obsession est de ne laisser aucun indice qui permettrait à un petit curieux de remonter jusqu'à à soi. Or l'argent est traçable.
Solution : le bitcoin. 

Le bitcoin est la crypto-monnaie intraçable de choix sur le Darknet.
On doit sa création à Satoshi Nakamoto.
C'est la crypto-monnaie reine sur le Darknet (elle n'est pas la seule crypto-monnaie), qui s'échange de particulier à particulier, sans passer par une banque. Nous restons donc dans le chiffrement, comme avec les clés PGP. Mais il ne s'agit pas d'une monnaie illégale, certains commerçants commencent à accepter les règlements en bitcoin. On reproche cependant à cette monnaie ses fluctuations, qui peuvent être extrêmes en une seule journée. Lorsque j'ai écrit Mauvais garçon, 1 bitcoin valait 450 €. À l'heure où j'écris cet article, 1 bitcoin = 300 €.
Mais le bitcoin est déjà monté à près de 1 000 € pour s'effondrer en un battement de cils…
Il faut savoir que les bitcoins sont mis en circulation par des « mineurs ». Ce sont simplement des personnes qui ont investi dans un matériel informatique approprié et coûteux, afin d'extraire des profondeurs du Net cette crypto-monnaie et de garantir la validité des transactions. Il n'y a pas de fausse monnaie, avec les bitcoins. Chaque transaction est archivée dans des serveurs dédiés. En échange de ces serives, le mineurs perçoivent quelques centièmes de bitcoin par opération.

Comment se procurer des bitcoins et comment les stocker ?
Tout ça, c'était bien beau, mais comment pouvais-je me procurer des bitcoins et où les conserver ? Dans une banque virtuelle ? Dans un coffre fort virtuel ? Dans un bas de laine virtuel ?
Les places de marché pour acheter des bitcoins fourmillent, et elle font bien le job. Dans tout ce choix, j'ai privilégié une plate-forme en langue française qui met en relation des acheteurs et des vendeurs vivant dans un proche périmètre et permettant les transactions de la  main à la main.
Et ensuite, lorsque j'avais mes bitcoins, où les entreposer ? Là encore plusieurs possibilités. Je  pouvais passer par un serveur, avec le risque qu'il soit piraté, ou bien gérer moi-même mon porte-monnaie bitcoin (bitcoin wallet). Cela m'obligeait à télécharge un logiciel – un de plus ! – mais je préférais cette solution. Le téléchargement a duré une semaine, au bout de laquelle j'ai finalement obtenu mon porte-monnaie. J'aurais aussi pu l'installer sur mon mobile. Mais si je pesais mon mobile…

Comment créer son porte-monnaie bitcoin. Suivez les tutoriels !
J'y suis donc allé pépère et j'ai installé mon porte-monnaie sur mon ordinateur. De toute façon, vu le peu d'argent que ça représente, je risquais pas grand-chose avec les autres solutions. Je ne vais pas m'épancher ici sur la triste condition d'auteur, mais beaucoup d'entres vous savent que très peu d'entre nous roulent sur l'or !
Lorsque votre porte-monnaie est installé, il ressemble à ça :

Porte-monnaie prêt à envoyer des bitcoins à un récipiandaire. 
Sur la figure ci-dessus, l'onglet "Envoyer" est activé, ce qui signifie que le porte-monnaie est prêt à effectuer un règlement. Il suffit d'entre l'adresse du récipiendaire, dans la longue fenêtre du haut, ainsi que le montant de la transaction, dans la courte fenêtre en dessous. Vous remarquerez que la monnaie sélectionnée est le microbitcoin et non le bitcoin. Pour finaliser le paiement, on clique sur "Envoyer",  en bas à droite.
Voici une vue d'ensemble du porte-monnaie :

Une vue d'ensemble du porte-monnaie bitcoin, avec le solde et les transactions récentes.
Vous avez le solde et les transactions récentes.
Et vous pouvez aussi, comme avec n'importe quel compte, avoir le détail de vos opérations :

Le détail des opérations avec le porte-monnaie bitcoin, comme avec n'importe quel compte.
On voit ici les dates des transactions, les montants, les bénéficiaires.
Cette fois-ci, j'avais tout : Tor, un VPN, un compte et un pseudo secondaires, mes clés PGP et mon porte-monnaie bitcoin.
À moi le Darknet !
(Suite au prochain épisode…)

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29 novembre 2014

Mon immersion dans le Darknet [6]

Le Darknet est la face cachée du Net et représente la partie immergée de l'iceberg.

Écrivain novice dans le domaine, je vous invite, à travers une série d'articles, à suivre mon parcours dans les profondeurs de la Toile interdite. Ou comment, pour les besoins d'un livre, j'ai accepté de courir des risques.


Le réseau privé virtuel (VPN)
J'avais installé Tor et j'étais super content. À moi le Darknet en tout anonymat, protégé du regard des indiscrets et des mal intentionnés ! Mais je ne sais pas pourquoi, une petite voix intérieure me disait que c'était trop facile, trop beau, qu'il ne fallait pas en rester là. Alors j'ai poursuivi mes recherches pour glâner encore et encore de l'info.
Il est rapidement apparu que Tor seul ne suffisait pas pour se balader tranquillement et confortablement sur le Darknet. En effet, avec Tor, le trafic est d'une extrême lenteur. Aisément compréhensible, dans la mesure où il transite par une série d'ordinateurs répartis dans le monde entier. D'autre part, Tor ne permet pas le partage de fichiers P2P (de particulier à particulier) ni le streaming. Et enfin, souvenez-vous, votre fournisseur d'accès Internet, s'il ne voit pas sur quels sites vous vous rendez en utilisant Tor, voit tout de même que vous utilisez Tor ; de quoi aiguiser la suspicion…
Que faire, donc, si Tor (gratuit) ne suffisait pas ? Y adjoindre un VPN (payant), répondit l'écho du Net.

Un VPN fait passer le trafic dans un tunnel crypté entre lui et vous, le rendant ainsi intraçable.
VPN signifie, dans la langue de Shakespeare (qui, à ma connaissance, n'a jamais utilisé ce mot, mais il faudrait que je relise l'intégraité de son œuvre pour m'en assurer) : Virtual private network. Ce qui donne, dans la langue de Molière (la même vérification s'impose, je vais donc avoir du  boulot !) : réseau privé virtuel.
Le principe est que le VPN crée un tunnel chiffré entre lui (VPN) et votre ordinateur (You) pour y faire circuler le trafic (ligne verte). Lorsque le trafic sort de ce tunnel, il redevient comparable à ce qu'il est d'habitude (ligne rouge), et tout ce qui, avant était visible par votre fournisseur d'accès Internet (ISP) n'est à présent visible que par votre VPN. En d'autres termes, votre fournisseur d'accès Internet voit que vous vous connectez à un VPN mais ignore sur quels sites vous rendez. Or, avec un VPN, le partage de fichiers en P2P est possible, ainsi que le streaming, et la rapidité du trafic est quasi normale, si vous  utilisez un VPN proche de chez vous – par exemple en Europe, si vous résidez en France.

Tor + VPN : l'onion fait la force… mais pas tout seul
L'idée consistait donc à coupler Tor à un VPN pour obtenir un système optimal. Ou presque, puisque Tor, par son mode de fonctionnement, impose de toute façon une certaine lenteur dans le trafic.
Je me souvenais de mes cours de maths (oui, je dois être un brin maso) qui me disaient que l'addition est commutative. Cela signifie qu'en principe a + b = b + a. Ou, si vous préférez, 1 + 2 = 2 + 1. On trouve bien 3, dans les deux cas, O.K. ?
La question que je me posais était donc : dans quel sens effectuer le couplage entre Tor et le VPN ? Devais-je en premier lieu me connecter à Tor puis au VPN, ou bien me connecter d'abord à mon VPN puis à Tor ? Cette opération était-elel commutative ?
Non, forcément… Dans la matrice, rien n'est simple, bine que pourtant binaire. Bref.

VPN + Tor
Certains packs proposent la combinaison VPN-Tor dans l'ordre de connexion VPN puis Tor.
Dans ce cas de figure où l'on se connecte d'abord à un VPN puis à Tor, le flux emprunte donc le chemin suivant : votre ordinateur ------> VPN ------> Tor ------> Internet.
Dans ce système, vote fournisseur d'accès Internet ignore que vous êtes connecté à Tor, et votre VPN ne peut pas suivre votre activité.

Tor + VPN
Certains packs proposent la combinaison Tor-VPN dans l'ordre de connexion Tor puis VPN.
Dabs ce cas de figure où l'on se connecte d'abord à Tor puis à un VPN, le flux emprunte donc le chemin suivant : votre ordinateur ------> Tor ------> VPN ------> Internet.
dans ce système, votre VPN ne connaît pas votre adresse IP, et les éventuels logs du VPN sont protégés pas Tor. Vous renforcez donc considérablement votre anonymat. Attention, ce pack proposé par AirVPN n'est pas forcément destiné aux non-exprérimetés.

Tor + VPN ou VPN + Tor, j'étais de toute façon mieux armé qu'avec Tor tout seul. L'aventure se poursuivait. Jusqu'où irai-je pour ce satané roman ? Où mon Mauvais garçon me conduirait-il ?
(À suivre…)

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22 novembre 2014

Mon immersion dans le Darknet [5]

Le Darknet est la face cachée du Net et représente la partie immergée de l'iceberg

Écrivain novice dans le domaine, je vous invite, à travers une série d'articles, à suivre mon parcours dans les profondeurs de la Toile interdite. Ou comment, pour les besoins d'un livre, j'ai accepté de courir des risques.


Tor, dieu du tonnerre… et de l'anonymat
Je venais donc d'apprendre que la première étape pour surfer en père peinard, non pas sur la grand-mare des canards, mais sur les eaux troubles et tumultueuses du Darknet était d'anonymiser mon adresse IP. Pour cette manip., toutes les pistes m'ont conduit en premier lieu au logiciel dont mon fils m'avait parlé, le jour où il m'avait révélé l'existence du Web underground : le logiciel Tor.
Waow ! Un dieu de la mythologie nordique, ai-je immédiatement songé. Ça allait envoyer du lourd…
Mon emballement est un peu retombé lorsque j'ai su que Tor était simplement l'acronyme de The Onion Router.
The Onion Router… Putain, « le routeur oignon ». Était-ce une blague ? Une vaste plaisanterie ? C'était ça, le nom du logiciel qui faisait trembler la Toile interplanétaire ?  « Le routeur oignon » ? Moi, les oignons, ça m'avait toujours fait chialer, mais là, ça me faisait bien marrer. Aux larmes, certes, si bien que, finalement, d'une certaine manière, ça me faisait quand même chialer.

Le logiciel Tor est l'un des outils essentiels pour anonymiser son adresse IP
et naviguer incognito sur le Darknet


Un trafic Internet standard
Mon propos n'est pas, ici, ni d'inciter qui que ce soit à télécharger Tor ni d'expliquer dans le détail comment il fonctionne, mais simplement de vulgariser pour permettre au plus grand nombre, aux non initiés, de comprendre les principes dans les grandes lignes.
Un trafic Internet standard se déroule de la manière suivante.

Un trafic Internet standard, sans utilisation du réseau d'anonymisation Tor.
Le trafic (en rouge) va directement de vous (You) aux sites sur lesquels vous souhaitez vous connecter (www). Vous remarquez que vous transitez par votre fournisseur d'accès Internet (ISP) : Orange, Numericable, Free, SFR, Bouygues. Et pardon si j'en oublie, j'ai essayé d'être exhaustif pour ne privilégier personne. Comme votre trafic n'est pas chiffré, mais qu'il est « clair », votre fournisseur d'accès Internet voit tout ce que vous faites… et peut donc communiquer l'info. À qui ? Bonne question. Je vous laisse imaginer.
Mais il n'y a pas que lui qui sait ce que vous faites sur Internet. Quand vous surfez, ne recevez-vous jamais de pub ciblées sans avoir rien demandé ? Si, n'est-ce pas ? Des robots qui ont accès à l'historique de votre trafic s'en inspirent pour vous balancer leurs pub.

Un routeur organisé en couches
En y regardant d'un peu plus près, la comparaison de Tor avec un oignon tombait sous le sens, et je me suis surpris à en apprécier la pertinence ainsi qu'à en goûter l'humour.
Tor est un réseau composé de routeurs organisés en couches, comme les couches d'un oignon. En langage informatique, on appelle ces couches des « nœuds ». Ces nœuds transmettent des flux TCP de manière anonyme car chiffrée.

Première étape de la navigation Internet via Tor : l'obtention d'une série de nœuds.
Vous êtes Alice et vous désirez vous rendre anonymement sur le site Bob. Vous vous connectez donc sur Tor. Vous atterrissez ainsi sur un serveur (Dave) qui va vous permettre de passer par une série de nœuds, assurant chacun un trafic crypté. Et chaque nœud ne connaît que l'adresse IP du précédent et du suivant auquel il est lié.
Le trafic est le suivant.

Avec Tor, le trafic Internet s'opère de façon cryptée en procédant de nœud en nœud.
En vert, le trafic Internet est assuré de façon cryptée, de nœud en nœud. Les ordinateurs qui jouent le rôle de nœud sont mis à disposition par des volontaires, localisés dans le monde entier. Si Alice et Bob vivent à Paris, le trafic entre eux peut passer par New York, Rome, Londres, etc. L'ordinateur de Bob ne connaît que l'adresse IP de l'ordinateur auquel il est lié (pointillés rouges), mais cet ordinateur n'est pas celui d'Alice et il n'est même pas localisé dans le même pays !
En outre, ces relais sont modifiés très régulièrement, au bout de quelques minutes et de manière aléatoire.
Si bien que, si Alice, après s'être connectée chez Bob, veut se connecter chez Jane, le trafic empruntera un autre chemin :

Avec Tor, les relais cryptés changent aléatoirement au bout de quelques minutes
pour brouiller davantage les pistes.

Comment cela se passe-t-il au niveau de votre fournisseur d'accès Internet ?

Avec Tor, votre fournisseur d'accès Internet ne connaît pas vos sites de destination.
Vous le voyez, si vous (You) utilisez Tor, votre fournisseur d'accès Internet (ISP) ne sait qu'une chose: que vous êtes connecté à Tor. Mais il ignore sur quels sites vous vous rendez. Quant au nœud de sortie du réseau (Tor exit), il ne connaît que le nœud auquel il est lié (trait vert), juste en amont (Tor relay), mais il ne peut remonter jusqu'à vous (You). Il ne sait donc pas que c'est vous qui êtes sur le site.

Télécharger Tor : un jeu d'enfant
J'en étais rendu là de mes investigations. Il ne me restait plus qu'à installer Tor sur mon ordinateur. J'ai lu que ce logiciel avait été mis au point par l'armée américaine, l'US Navy précisément. Alors du coup, je me suis demandé s'il n'y avait pas un mouchard intégré qui permettrait de pister tout utilisateur de Tor, si on ne nous refaisait pas le coup du cheval de Troie.
Parano, vous dis-je, je virais parano. Mais je voulais savoir un minimum de quoi je parlais. Mauvais garçon était le premier roman à utiliser le Darknet comme toile de fond, je ne tenais pas à raconter n'importe quoi, même si j'inventerais de toute façon.
Alors je m'y suis mis. Et en moins de cinq minutes, les doigts dans le nez, j'avais installé Tor sur mon ordi et peut-être invité l'armée américaine chez moi, sans le savoir. Par précaution, j'avais mis quelques Budweiser au frais… et des onion rings !
(À suivre…)

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16 novembre 2014

Mon immersion dans le Darknet [4]

Le Darknet est la face cachée du Net et représente la partie immergée de l'iceberg

Écrivain novice dans le domaine, je vous invite, à travers une série d'articles, à suivre mon parcours dans les profondeurs de la Toile interdite. Ou comment, pour les besoins d'un livre, j'ai accepté de courir des risques.


L'accès au Darknet
J'avais le personnage de mon roman (voir épisode 3), et je savais enfin pourquoi il aurait besoin d'aller surfer dans les eaux troubles du Darknet. Mais j'ignorais comment. Je ne dirai rien ici sur le pourquoi, afin de ne pas spoiler le livre. En revanche, je vais vous expliquer le comment dans le détail.
La première question que je me suis posée est : accède-t-on facilement au Darknet ? En d'autres termes, n'importe qui peut-il se rendre, les doigts dans le nez, sur ce réseau interdit et y acheter ce qu'il veut d'illégal ou y avoir accès à des contenus horribles ?

L'accès au Darknet tient-il du labyrinthe ?
Et où trouver l'info ? Existait-il un petit manuel, genre Le Guide de connexion au Darknet pour les nuls ? Je ne l'ai pas trouvé. Alors je suis allé sur Google et sur YouTube. La première chose que j'ai apprise, c'est à être précis dans les termes et à ne pas confondre Deepweb et Darknet. Pour la faire simple, le Deepweb, c'est un Web moins underground que le Darknet. En gros, la hiérarchie du Net, du plus surfacique au moins surfacique, c'est : Web - Deepweb - Darknet. Je me sentais déjà un peu moins ignorant. C'était donc sur le Darknet que mon personnage, Thomas, irait se balader, autant voir le choses en grand.

Attention aux hackers
Tous les articles que je lisais sur le sujet mettaient en garde. La première crainte à avoir, sur le Darknet, n'était pas de se faire repérer par le FBI ou les cyberpoliciers, mais de se faire pourrir son ordi par des hackers à l'affût. Info ou intox ? Ces mises en garde étaient-elles postées par les forces de l'ordre pour effrayer le quidam et l'éloigner ou bien provenaient-elles d'internautes réellement piégés par les black hats – les méchants hackers, en opposition aux white hats, les gentils hackers ?

Les hackers guettent-ils dans l'ombre l'internaute lambda sur le Darknet ?
Je n'en avais pas la moindre idée. Mais dans le doute, hein… Quel recours avais-je pour protéger mon disque dur ?
Ceux qui avaient l'air de s'y connaître donnaient tous la même recommandation : anonymiser son ordinateur. Mais s'y connaissaient-ils vraiment, ces mecs que moi je ne connaissais pas ? Qui étaient-ils véritablement ? Pour quelle raison leur accorder ma confiance plus qu'aux autres ? Enseignement collatéral de mes recherches : le Darknet = parano land.
C'était clair, je virais parano. Mais je ne voulais pas m'arrêter là, je commençais à peine.
Je décidais de suivre mon instinct et d'effectuer les manipulations pour anonymiser mon ordinateur.
C'était quand même le saut sans l'inconnu, et je flippais un peu. Je vous raconte ça dans le prochain épisode.
(À suivre…)

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8 novembre 2014

Mon immersion dans le Darknet [3]

Le Darknet est la face cachée du Net et représente la partie immergée de l'iceberg.

Écrivain novice dans le domaine, je vous invite, à travers une série d'articles, à suivre mon parcours dans les profondeurs de la Toile interdite. Ou comment, pour les besoins d'un livre, j'ai accepté de courir des risques.


Secrets, manipulation, théorie du complot, parano…
Je me retrouvais donc avec le Darknet sur les bras. Je n'avais pas besoin de ça. Je réfléchissais à mon nouveau roman depuis quelque temps, et le Darknet n'en faisait jusqu'alors aucunement partie. Mais voilà, tout gosse, j'avais été biberonné aux Envahisseurs de David Vincent et au Prisonnier N° 6. Et plus tard, je m'étais envoyé Mystères à Twin Peaks et X-Files en intraveineuse. Alors forcément, le secret, la manipulation, la théorie du complot, la parano, c'était mon truc, de la sacrément bonne matière à fiction. Du premier choix.

Secrets, manipulation, complots : réalité du Darknet ou pure parano ?
Avant d'entendre parler du Darknet, je partais sur quelque chose de plus ancré dans la réalité, me semblait-il, de plus concret, de plus terre-à-terre. (J'ai découvert ensuite que le Net underground était une réalité, nous y reviendrons.) Je voulais écrire sur l'extrémisation politique de la France, sur le désœuvrement de la jeunesse quant à son présent et ses désillusions quant à son avenir, sur son désintérêt total de la politique, grâce à tout ce qu'avait entrepris en ce sens, depuis de nombreuses années, l'ensemble des politiciens. Je me disais qu'il y avait là un terreau fertile pour des recruteurs.

Une jeunesse désœuvrée : du pain béni pour les recruteurs idéologistes
J'avais été attristé en voyant aux infos de jeunes gens déclarer fièrement avoir rejoint le Front national et penser que la politique prônée par ce parti résoudrait leurs problèmes et leur permettrait de vivre dans un monde meilleur, c'est-à-dire débarrassé de tous ces parasites qui leur prenaient tout ce qui devait logiquement leur revenir à eux. Nous connaissons la liste exhaustive de ces « parasites » dressés par le FN, pas besoin de la rappeler ici.

En quoi les jeunes peuvent-ils encore croire ?
Pour la plupart, je ne crois pas que ces jeunes soient réellement extrémistes. Je les sens surtout largués, malheureux, déçus, par un système qui marche sur la tête et qui ne leur offre plus aucun rêve. J'ai donc eu dès le départ l'idée de lier jeunesse désabusée et extrémisation politique, car le cheminement est de plus en plus fréquent. Mon personnage principal serait donc un garçon  d'une vingtaine d'années, paumé et en manque de repères dans une société de plus en plus injuste socialement. Ce jeune homme, à force d'être victime d'injustices répétées, basculerait un jour et se radicaliserait.
Et le Darknet, dans tout ça ? Je ne voyais pas encore le lien.

La naissance de mon Mauvais garçon
Les jeunes qui s'étaient exprimés aux infos étaient loin d'être des crétins décérébrés. Comment avaient-ils pu céder au chant des sirènes frontistes ?
Mon personnage s'affinait. Ce serait un étudiant brillant, diplômé, titulaire d'un bagage universitaire et intellectuel solide. Mais donc, de quelle injustice serait-il victime s'il s'agissait d'un premier de la classe ? La pire chose qui puisse arriver à quelqu'un de brillant est que son talent ne soit pas reconnu. Ou qu'il ne soit jamais sollicité.

Premier de la classe le jour, bad guy la nuit.
Je tenais le truc. Ce garçon brillant, un fois sur le marché du travail, ne trouverait pas de boulot. Pire : il verrait lui passer sous le nez des emplois que d'autres, des moins bons que lui, décrocheraient sans difficulté car ils seraient simplement mieux nés et disposeraient d'un réseau qui lui ferait défaut à lui. Lui serait issu d'un milieu très modeste et aurait cru s'en sortir par les études. Alors, dès son plus jeune âge, il se serait accroché à l'école de la République et se serait mis en tête de s'élever socialement par son seul mérite. Et, tandis qu'il était premier de la classe le jour, il était bad guy la nuit pour faire entrer de l'argent à la maison. Il tremperait dans des deals en tout genre avec les gars de la cité.
Ça avançait. Je marchais en rond dans mon bureau en tournant tout ça dans ma tête.
Et l'extrémisation politique ? Et le Darknet ? Ça se mettait aussi en place. Doucement mais sûrement. Je n'étais plus très loin.
(À suivre…)

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1 novembre 2014

Mon immersion dans le Darknet [2]

Le Darknet est la face cachée du Net et représente la partie immergée de l'iceberg

Écrivain novice dans le domaine, je vous invite, à travers une série d'articles, à suivre mon parcours dans les profondeurs de la Toile interdite. Ou comment, pour les besoins d'un livre, j'ai accepté de courir des risques.


Le Darknet, nouveau terrain de jeu – dangereux – pour les ados ?
Mais d'abord, rendons à César ce qui appartient à César. Qu'est-ce qui m'a donné envie de me  plonger les mains dans le cambouis ? Qu'est-ce qui m'a poussé, moi le non-geek assumé, déjà un peu largué par Twitter et Instagram, à m'intéresser à quelque chose d'a priori aussi complexe que le Darknet ? Complexe car totalement méconnu pour bon nombre. Réponse : mon fils.
C'était au cours d'un petit déjeuner, un week-end. Entre deux bouchées de porridge, il me sort : « Eh, dis donc, tu savais qu'une grande partie du Net était secrète ? » Pile au moment où je m'apprêtais à lui demander si ses révisons de maths avançaient correctement pour son interro du lundi.


Que risquent les plus jeunes à surfer sur le Darknet ?

— Comment ça, secrète ? je questionne.
— Ben ouais, secrète, quoi.
— O.K., tu peux développer ? Tu sais que tu passes ton bac français dans deux ans ? Il faudrait que tu commences à savoir construire des phrases.
Il soupire et me regarde avec des yeux qui me traitent silencieusement de vieux con. Ou de gros relou. Enfin, un truc du genre. Mais comme il aime bien son has-been de père et qu'il me prend en pitié, il consent à éclairer ma lanterne : « Ça s'appelle le Darknet, ou le Deepweb, et on y accède par un logiciel particulier. Je sais pas si je peux l'installer sur mon ordi, il paraît que c'est illégal et que des mecs se sont déjà fait choper par le FBI, aux États-Unis. T'as pas entendu parler de ça ? »
Mon cool spirit de père post-soixante-huitard qui a goûté aux joies du cannabis, de la libération sexuelle et d'autres trucs pas racontables s'affiche subitement aux abonnés absents. Je me mue très nettement en patriarche gaulliste, éventuellement pompidolien, et je bloque sur « Darknet », « Deepweb », « illégal », « choper », « FBI ».
— Comment es-tu au courant de ce truc ? réponds-je à une question par une autre question.
— Bah, c'est avec des potes, on en discute.
Je sais que, dans sa bande, mon fils compte une bête en informatique, un pur geek. Appelons-le X. En vieux requin, je procède par cercles concentriques.
— Et X., il est allé sur le Darknet ?
— Non, mais il aimerait bien. Pour voir, tu vois.
— Je vois, tu vois. Et vous parlez de ça, en ce moment, avec tes potes ?
— Carrément. Mais la galère, c'est ce logiciel à installer et le risque de te faire gauler par les flics.


Pour protéger mon fils surfeur des squales du Darknet, c'est moi qui avance en cercles concentriques. 

— Pourquoi se faire gauler ? Qu'y trouve-t-on, sur ce Darknet ?
— Déjà, de la drogue, ça c'est sûr. Il y a un site qui s'appelle Silkroad, c'est un genre d'Amazon de la drogue. Tu choisis ton produit, tu le commandes et tu te le fais livrer. Comme sur Amazon. Je crois qu'il y a des armes, aussi.
Et aussi de la (pédo)pornographie, de la violence, de l'horreur, etc. Je n'y connais rien, donc j'émets des hypothèses, mais dans l'ensemble je crois que j'ai pigé. Je me fais ma petite idée.

La peur n'évite pas le danger, le dialogue si.
J'essaie de redevenir le père post-soixante-huitard ouvert à tout et dans le dialogue plutôt que dans la punition que j'ai toujours été, me semble-t-il, avec mon fils. J'avale une gorgée de café avec une nonchalance qui aurait rendu Steve McQueen fou de jalousie et repose mon mug d'un air entendu du mec qui en a vu d'autres. Puis je  lance, d'un ton léger :
— Bon, honnêtement, quel intérêt ? Si tu veux fumer de l'herbe, on peut en parler, tu le sais. Ou si tu veux fumer tout court, d'ailleurs.
— Ouais, je sais, t'inquiète. Mais franchement, je veux pas fumer. Quand je vois comment les fringues des fumeurs daubent la clope, je te jure que ça donne pas envie.
— O.K. Pour le sexe…
Il sourit d'un air entendu du mec qui en a vu d'autres qui me rappelle quelque chose.
— Pas besoin du Net non plus, précise-t-il.
— O.K., alors les armes…
— Non plus. Vraiment rien de tout ça. C'est juste la curiosité.
— Je comprends. Mais tu es si pressé de contempler la laideur du monde ? Tu ne préfères pas te concentrer sur ses beautés et attendre un peu pour le reste ? Et puis, pense à ton vieux père. Si tu te fais repérer par les flics, c'est moi qu'on embarquera, puisque tu es mineur.


Parler des dangers du Darknet plutôt que d'en interdire l'accès (impossible, de toute façon) ou se voiler la face.

Il se marre, et moi je respire. À demi. Je sais que, pour l'instant, il ne fera rien. Mais qu'il attend quand même quelque chose. Une réponse. Il est d'esprit curieux, je l'ai élevé en ce sens, je ne peux pas le lui reprocher maintenant.
— Tu sais ce que je vais faire ? je lui demande. Je vais me renseigner. Je vais y regarder d'un peu plus près et te dire ce qu'il en est réellement.
— Cool. C'est vrai, tu vas le faire ?
— Carrément, mec, je vais le faire. Et je te dis. O.K. ?
— Ouais.
Il expédie son petit déj. et redescend dans sa chambre. Moi je reste pensif un long moment. Je sens confusément que je suis au début de quelque chose. Je ne sais pas encore quoi exactement. Un voyage, une aventure… un roman. C'est pareil.
(À suivre…)

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